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L’essentiel à retenirPour faire prolonger un visa de travail en Thaïlande, un Français doit percevoir au moins 50 000 bahts brut par mois (environ 1 300 €). Ce seuil dépend de la nationalité : de 25 000 à 50 000 bahts. Il n’a pas changé en 2026, mais les démarches, elles, ont évolué : depuis le 28 juillet 2026, le permis de travail se demande uniquement en ligne.
Le chiffre circule sur tous les forums d’expatriés : « il faut gagner 50 000 bahts pour travailler en Thaïlande ». C’est vrai pour un Français, mais la règle est plus nuancée : elle varie selon la nationalité, s’accompagne de conditions imposées à l’employeur et ne s’applique pas de la même façon dans les entreprises BOI ou avec un visa LTR. Voici les seuils en vigueur en 2026, les obligations de l’employeur, les sanctions et ce que représente vraiment ce salaire sur place.
Le salaire minimum exigé selon la nationalité
Pour prolonger un séjour avec un visa Non-Immigrant B et renouveler son permis de travail, l’immigration thaïlandaise vérifie que le salaire atteint un minimum mensuel fixé selon la nationalité du salarié :
| Nationalité | Salaire minimum mensuel | Équivalent approximatif |
|---|---|---|
| Europe (hors Russie et Europe de l’Est), États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Japon | 50 000 THB | ~1 300 € |
| Corée du Sud, Singapour, Taïwan, Hong Kong | 45 000 THB | ~1 180 € |
| Autres pays d’Asie, Europe de l’Est, Russie, Amérique centrale et du Sud, Mexique, Afrique du Sud | 35 000 THB | ~920 € |
| Cambodge, Laos, Birmanie, Vietnam, autres pays d’Afrique | 25 000 THB | ~650 € |
Les équivalents en euros sont calculés à environ 38 bahts pour 1 € (septembre 2026). Il s’agit d’un salaire brut, versé par l’employeur thaïlandais et déclaré aux impôts et à la sécurité sociale : lors du renouvellement, l’immigration demande les déclarations fiscales et les justificatifs de paie correspondants.
Une règle ancienne, pas une loi de 2026
Contrairement à ce que l’on lit parfois, ce barème n’est pas nouveau : il est appliqué depuis des années par l’immigration pour les prolongations de séjour liées au travail, et ses montants sont inchangés en 2026. Ce qui change en 2026, ce sont les démarches (voir plus bas) et la vigilance des contrôles.
Les situations particulières
- Conjoint d’un ou une Thaïlandaise : le séjour repose en général sur un visa Non-Immigrant O lié au mariage, avec ses propres conditions de ressources, et le capital exigé de l’employeur est réduit (voir ci-dessous).
- Entreprises promues par le BOI : elles suivent leur propre grille de salaires minimums par poste.
- Titulaires d’un visa LTR : ils relèvent des critères du Board of Investment, pas de ce barème.
- Enseignants, fondations, organisations internationales : certaines situations relèvent de règles spécifiques. Faites vérifier votre cas par l’employeur avant de signer.
Les conditions à remplir par l’employeur
Le salaire ne suffit pas : pour obtenir un permis de travail, une entreprise thaïlandaise classique doit en principe respecter deux conditions pour chaque salarié étranger.
- 2 millions de bahts de capital libéré par étranger employé (1 million si le salarié est marié à une personne de nationalité thaïlandaise).
- 4 salariés thaïlandais pour 1 étranger, déclarés à la sécurité sociale.
Certains métiers restent en outre réservés aux Thaïlandais (une trentaine de catégories, dont plusieurs métiers manuels, artisanaux et certaines professions réglementées). Notre article sur l’emploi en Thaïlande détaille les secteurs qui recrutent réellement des Français.
Ce qui change en 2026 : le permis de travail en ligne
- Depuis le 28 juillet 2026, les demandes, renouvellements et modifications de permis de travail se font obligatoirement sur la plateforme e-Work Permit du Département de l’emploi. Le permis prend la forme d’une carte, remise après un enregistrement biométrique.
- Depuis le 1er juillet 2026, un permis de travail temporaire (formulaire WP.62) peut être délivré dès l’accord, ce qui permet de commencer à travailler sans attendre la carte.
Les frais officiels du permis de travail sont de 750 bahts jusqu’à 3 mois, 1 500 bahts de 3 à 6 mois et 3 000 bahts de 6 mois à un an.
Entreprises BOI : un salaire minimum par poste
Les sociétés promues par le Board of Investment (BOI) bénéficient d’une procédure simplifiée et sont dispensées des ratios de salariés thaïlandais. En contrepartie, le BOI impose depuis 2025 ses propres salaires minimums pour les experts étrangers, applicables aux nouvelles sociétés promues depuis le 1er octobre 2025 et aux sociétés existantes depuis le 1er janvier 2026 :
| Poste | Salaire minimum mensuel (BOI) |
|---|---|
| Dirigeant (executive) | 150 000 THB |
| Manager, ingénieur, chercheur, spécialiste informatique | 75 000 THB (50 000 THB avec une licence dans le domaine) |
| Postes opérationnels et R&D | 50 000 THB |
Les experts présents depuis moins de 6 mois ne sont pas concernés. Au-delà, l’employeur doit justifier les salaires par les déclarations fiscales lors des renouvellements.
Visas LTR et Smart : pour les profils qualifiés
Le visa LTR (10 ans)
Le visa Long-Term Resident, géré par le BOI, vise les profils à hauts revenus. Deux catégories concernent les salariés :
- Highly-Skilled Professional : salarié d’une entreprise d’un secteur ciblé par le BOI, avec au moins 80 000 dollars de revenus par an, ou 40 000 dollars avec un master. Avantage majeur : un taux d’impôt forfaitaire de 17 % sur les salaires thaïlandais.
- Work-from-Thailand Professional : salarié à distance d’une entreprise étrangère, avec au moins 80 000 dollars de revenus annuels sur les deux dernières années.
Les titulaires du LTR obtiennent un permis de travail numérique (3 000 bahts par an) et ne sont pas soumis à la règle des 4 salariés thaïlandais. Début 2026, le BOI a assoupli ces catégories en supprimant notamment l’exigence d’expérience professionnelle.
Le visa Smart : réservé aux fondateurs de startups
Depuis 2025, le visa Smart ne comprend plus que la catégorie Smart S (fondateurs de startups certifiées, avec un dépôt de 600 000 bahts, jusqu’à 4 ans de séjour sans permis de travail) et la catégorie Smart O pour leurs proches. Les anciennes catégories pour les talents, investisseurs et dirigeants ont été supprimées au profit du visa LTR.
Vivre en Thaïlande sans salaire local
Si vous ne comptez pas travailler pour une entreprise thaïlandaise, d’autres visas reposent sur l’épargne ou les revenus étrangers, mais aucun ne permet de travailler pour un employeur ou des clients en Thaïlande :
| Visa | Condition financière | Travail autorisé |
|---|---|---|
| Non-B + permis de travail | Salaire de 50 000 THB/mois (Français) | Oui, pour l’employeur déclaré |
| Retraite (O-A ou prolongation) | 800 000 THB en banque ou 65 000 THB/mois de revenus ; depuis Paris : 2 000 €/mois ou 24 000 € | Non |
| DTV | 500 000 THB d’épargne | Télétravail pour l’étranger uniquement |
| LTR Work-from-Thailand | 80 000 $/an de revenus | Télétravail pour l’étranger |
Le visa retraite exige 50 ans ou plus et une assurance santé ; le DTV demande depuis le 31 août 2026 un extrait de casier judiciaire. Pour comparer toutes les options, consultez notre guide des visas pour la Thaïlande.
Travail sans permis : les sanctions
- Pour le salarié étranger : une amende de 5 000 à 50 000 bahts, puis l’expulsion, avec une interdiction de retour possible.
- Pour l’employeur : une amende de 10 000 à 100 000 bahts par étranger employé illégalement, davantage en cas de récidive.
Les autorités ont lancé en mai 2026 une vague de contrôles dans tout le pays contre le travail illégal des étrangers. Travailler avec un visa touristique, une exemption de visa ou un DTV pour un client thaïlandais expose à ces sanctions. Et un salaire déclaré qui ne correspond pas aux fiches de paie, aux impôts et aux cotisations sociales peut entraîner le refus du renouvellement.
Salaire en Thaïlande : que représentent 50 000 bahts sur place ?
- Environ 1 300 € brut par mois au taux de septembre 2026.
- Plus de 3 fois le salaire moyen thaïlandais, qui s’élève à 15 853 bahts par mois au 2e trimestre 2026. Voir notre article sur le salaire moyen en Thaïlande.
- Environ 5 fois le salaire minimum, qui va de 337 à 400 bahts par jour selon la province, soit 8 762 à 10 400 bahts par mois sur 26 jours. Plus de détails dans notre article sur le SMIC en Thaïlande.
Sur 600 000 bahts de salaire annuel, une personne seule sans autre déduction paie environ 21 500 bahts d’impôt sur le revenu par an, grâce à la déduction forfaitaire pour frais (plafonnée à 100 000 bahts), à l’abattement personnel de 60 000 bahts et au barème progressif (de 0 à 35 %). S’y ajoutent les cotisations de sécurité sociale, plafonnées.
Ce salaire permet de vivre correctement à Bangkok et confortablement en province, mais il reste modeste pour une famille avec une école internationale. Pour construire votre budget, consultez notre article sur le coût de la vie en Thaïlande, et pour convertir un salaire français, notre guide du salaire en euros en Thaïlande.
FAQ
Pour prolonger un visa de travail (Non-Immigrant B) et renouveler son permis de travail, un Français doit percevoir au moins 50 000 bahts brut par mois, soit environ 1 300 €. Ce seuil s’applique aux ressortissants d’Europe de l’Ouest, d’Amérique du Nord, d’Australie, de Nouvelle-Zélande et du Japon.
Non. Il est de 50 000 bahts pour les Européens de l’Ouest, Nord-Américains, Australiens et Japonais, 45 000 bahts pour les Coréens, Singapouriens, Taïwanais et Hongkongais, 35 000 bahts pour les autres pays d’Asie, l’Europe de l’Est et l’Amérique latine, et 25 000 bahts pour le Cambodge, le Laos, la Birmanie, le Vietnam et la plupart des pays d’Afrique.
Non, les montants sont inchangés en 2026. En revanche, depuis le 28 juillet 2026, les demandes et renouvellements de permis de travail se font uniquement en ligne sur la plateforme e-Work Permit, et un permis temporaire peut être délivré dès l’accord depuis le 1er juillet 2026.
Une entreprise thaïlandaise classique doit en principe disposer de 2 millions de bahts de capital libéré par étranger employé (1 million si le salarié est marié à une personne thaïlandaise) et employer 4 salariés thaïlandais pour 1 étranger. Les sociétés BOI et les titulaires du visa LTR sont dispensés de ce ratio.
Le salarié étranger risque une amende de 5 000 à 50 000 bahts et l’expulsion. L’employeur encourt une amende de 10 000 à 100 000 bahts par étranger employé illégalement. Des contrôles renforcés sont menés dans tout le pays depuis mai 2026.
Oui, avec un visa retraite (800 000 bahts en banque ou 65 000 bahts de revenus mensuels, dès 50 ans) ou un visa DTV (500 000 bahts d’épargne). Mais ces visas ne permettent pas de travailler pour un employeur ou des clients en Thaïlande : le DTV autorise seulement le télétravail pour l’étranger.







